25 avril 2021 - Journée nationale du souvenir des victimes de la déportation

Publié le jeu 22/04/2021 - 11:11

Le dernier dimanche d'avril est, chaque année, dédié à la célébration de la mémoire des victimes de la déportation dans les camps de concentration et d'extermination nazis lors la Seconde Guerre mondiale.

Malgré le contexte sanitaire, la Ville a souhaité marquer cette journée en mettant à l’honneur l’histoire d’une famille, la famille Teper. Une famille victime de la barbarie nazie, une famille parmi tant d’autres.

La commémoration se tiendra dimanche 25 avril à 11h15 en présence de Jean-Marc Defrémont, Maire de Savigny-sur-Orge, Corinne Camelot-Gardella, Adjointe au Maire déléguée au devoir de mémoire, Eric Mehlhorn, Conseiller départemental de L’Essonne et d’un membre de la famille Teper. 

Afin de respecter les consignes sanitaires,
la présence du public n’est pas autorisée.

 

L'histoire de la famille Teper 

Isaak et Zivia Teper, Saviniens, victimes de la barbarie nazie

Isaak et Zivia Teper, Saviniens, victimes de la barbarie nazie

 

Isaak Teper naît le 25 février 1882 à Kichinev en Moldavie. Il épouse Zivia Garbarg, originaire de la même ville.  Suite aux pogroms de 1903 et 1905, le couple quitte le pays et vient vivre à Paris. En 1917, ils demeurent au 186 rue du Faubourg-Saint-Antoine à Paris, proche de l’hôpital Saint-Antoine. Naturalisé Français le 24 novembre 1924, Isaak exerce la profession de tailleur d’habits. Le couple a 4 enfants : Maurice, Fanny, Renée et Georges.

Isaak est un peu rêveur, il aime la littérature, les chansons, la poésie.

Isaak est également militant. Militant socialiste, communiste, et surtout militant de terrain : il crée une association de secours mutuel pour les nouveaux arrivants et devient le gérant officiel du journal parisien Naie Presse (La presse nouvelle), rédigé en yiddish. Ce journal, publié jusqu’en 1993, est de tous les combats : pour l’unité des travailleurs juifs, pour le front populaire, contre les accords de Munich… Il paraîtra même pendant la guerre, en toute clandestinité.

Au cours de l’année 1940, le couple déménage à Savigny-sur-Orge au 35 avenue Pasteur, dans une petite maison. Il y tient une épicerie.

L'épicerie, 35 avenue Pasteur

L’épicerie, 35 avenue Pasteur

La police arrête Isaak le 9 décembre 1942. Interné au camp de Drancy, il est envoyé à Auschwitz le 13 février 1943. Zivia va connaître le même sort : emmenée à Drancy le 19 février 1943 après une convocation à la Préfecture de police, elle est déportée à Sobibor le 25 mars 1943. Aucun des deux ne reviendra. Leurs enfants, eux, échapperont à la déportation.

D’eux, nous ne connaissions que les transcriptions de leurs décès sur nos registres. Les photos envoyées par l’arrière-petit-fils du couple, Sébastien, nous permettent aujourd’hui de mettre des visages sur nos archives administratives, et ne pas oublier ces histoires individuelles traversées par la grande histoire.

La dernière lettre de Zivia Teper

Dernière lettre de madame Teper écrite au camp de Drancy

Dernière lettre de madame Teper écrite au camp de Drancy, retranscrite ci-dessous.

« Drancy, le 24 mars 1942

Cher monsieur,

Je regrette de vous annoncer que je pars demain matin pour une destination inconnue vers l’est avec d’autres français.

Fanny qui est femme de prisonnier reste à Drancy pour le moment. J’espère que nous nous réunirons bientôt, et c’est avec espoir que je pars. Donnez le bonjour à tous les amis. J’ai bon moral bien que je laisse ma fille ici. Bonjour à madame Jeanne de ma part avec tous mes remerciements. Dans l’espoir de nous revoir bientôt, recevez toutes mes amitiés.

Mme Teper »

Conseil Municipal des Jeunes : acteurs et citoyens du devoir de mémoire

Lecture par Nourayate et Sarah du message rédigé par la Fédération Nationale des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes, la Fondation pour la mémoire de la Déportation et les Associations de mémoire des camps nazis, L'Union Nationale des Associations de Déportés Internés de la Résistance et Familles.

"Nous devons rester les passeurs de mémoire, auprès de notre jeunesse
afin que le souvenir ne s’éteigne jamais."

Daniel Courtin, président d’honneur de la Commission du Devoir de Mémoire, a rédigé le texte ci-dessous, un message fort qui contribue à préserver et développer le devoir de mémoire, notamment auprès des jeunes :

"En ce jour de souvenir de la déportation de femmes et d’hommes, dans la vérité d’une époque dont l’horreur et la noirceur ne cessent de nous hanter.

Il nous est nécessaire de transmettre la mémoire du passé, contre l’oubli, pour que vive leur martyr dans les camps de concentration, à tous ces compagnons de misère.

Il faut qu’il reste en nous des traces vives afin que nous portions à notre tour leur mémoire afin que jamais ne s’éteigne la flamme du souvenir, de la transmission et de la vigilance dans cette période que nous vivons, agitée sur le plan sanitaire.

76 ans sont passés, ne pas banaliser les morts et les rescapés de cette période si dramatique.

Combien de rescapés restent-ils en France ? Il nous faut leur donner la parole pour décrire l’impensable afin de faire reculer le négationnisme et l’antisémitisme. Nous devons rester les passeurs de mémoire, auprès de notre jeunesse afin que le souvenir ne s’éteigne jamais."