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Grand Vaux, du château au Grand Ensemble

L’allée du château, quelques rochers au pied des immeubles, sont les seuls témoignages de ce qui fut le vaste domaine de Grand Vaux, irrémédiablement coupé en deux en 1950 par le projet de construction de l’autoroute du sud.

À cette époque, le domaine appartient à la Compagnie française d’aviation depuis la Libération. Dans un premier temps, le Conseil municipal envisage d’acquérir la partie située entre l’autoroute et Epinay pour y construire un groupe d’habitations, afin d’éviter les spéculations qui ne manqueraient pas de se produire en cette période de pénurie de logements. Pourtant, 3 ans plus tard en 1954, la situation n’a pas évoluée, deux acquéreurs potentiels demandent le classement en zone d’habitation en vue de la construction d’habitats collectifs. En contre partie, ils cèderaient le château à la commune pour une somme symbolique. Mais en octobre 1955, les tractations entre vendeur et acheteurs sont toujours infructueuses, un procès est même en cours.

Septembre 1956, une Société Civile Immobilière dénommée " Résidence du parc de Grand Vaux" soumet un projet de construction de 468 logements. La municipalité réserve sa réponse en souhaitant toujours recevoir le château aux mêmes conditions que précédemment. Le 6 mars 1957, une autre proposition de logements, sur la partie située au nord de l’autoroute, est déboutée par le Conseil municipal. Le même jour, celui-ci donne son accord au projet SEMICLE (Société d’économie mixte pour la construction de logements économiques) concernant la totalité du terrain au sud de l’autoroute : c’est l’acte de naissance du grand ensemble de Grand Vaux. Afin de relier le futur ensemble au reste de la commune, la décision est prise de créer un passage souterrain pour piétons sous l’autoroute.

1958, la SCI "Résidence de Grand Val" propose un projet pour la partie nord et demande l’autorisation de démolir le château. Si le syndicat d’initiative et quelques conseillers municipaux regrettent la démolition de cette partie d’histoire de la ville, le maire leur oppose le manque de moyens financiers de la commune pour transformer le château en musée ou en mairie. Le projet de don à la commune est oublié depuis longtemps ! Le préfet donne l’autorisation de démolition en juin 1958, le bâtiment est détruit durant l’été, ne restent que le portail et l’allée pour évoquer le passé. Le Conseil municipal ne proteste pas, se contentant d’insister sur le respect par le promoteur des conditions négociées : construction du passage pour piétons, participation à l’équipement scolaire, élargissement de la voie d’accès – rue Vigier. Ainsi en 1961, la résidence Grand Val prend la place du château, et, de l’autre côté de l’autoroute, de 1961 à 1968, les 1521 logements de Grand Vaux colonisent le parc.

Spéculation foncière liée au déficit en logements de l’après-guerre et densification de l’habitat en banlieue avec l’apparition des grands ensembles, condamnait le domaine de Grand Vaux, comme beaucoup de grandes propriétés autour de Paris, à plus ou moins long terme. Le passage de l’autoroute, en dévalorisant la propriété, n’a fait qu’accélérer le processus.