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La ville encourage ses écoliers

Les petits Saviniens ont repris le chemin de l’école, on a beaucoup parlé de gratuité, de fournitures et d’aide à la scolarité. L’occasion d’un petit retour en arrière sur la participation des communes aux frais d’éducation des enfants.

Avant Jules Ferry et ses lois sur l’éducation, l’enseignement n’est pas public et surtout pas gratuit. Ce sont les paroisses ou les communes, conscientes de l’importance de l’instruction des enfants, qui prennent en charge l’organisation de la scolarité. La salle de classe est le plus souvent mise à disposition par la commune, mais les enseignants vivent de la rétribution versée par les parents de leurs élèves. Seules les familles aisées peuvent donc envoyer leurs enfants à l’école. Cependant, de nombreuses municipalités ont devancé les réformes égalitaires de Ferry : ayant à cœur d’aider les plus nécessiteux, elles prennent en charge les frais de scolarité des enfants "indigents". Ainsi, le 29 novembre 1866, le Conseil municipal de Savigny-sur-Orge approuve la liste des enfants indigents admis gratuitement à l’école, liste établie conjointement par le maire et le curé. La ville versera à l’instituteur les indemnités correspondantes. De même, la commune ainsi que de généreux bienfaiteurs et le curé lui-même participent à la rétribution de l’instituteur "pour lui faire une gratification raisonnable et qu’il puisse vivre dans son poste", sans que les frais de scolarité ne pèsent trop lourd sur le budget des familles.

Par les lois de 1881 et 1882, l’instruction devient gratuite et obligatoire. De nouveau, les communes favorisent par tous les moyens le développement de l’instruction : ainsi dès 1881, la municipalité de Savigny-sur-Orge étudie le projet d’une nouvelle école de garçons en vue de la future loi sur l’obligation scolaire. Le projet abouti en 1982-83, avec la construction de l’école Ferdinand Buisson. Une deuxième classe de filles voit également le jour en 1883. Les classes sont non seulement meublées et pourvues de tout le matériel nécessaire à l’enseignement, mais la commune fournit également les livres scolaires. Toutefois, demeure le problème des fournitures scolaires, dont le coût est lourd pour certaines familles. Dès 1882, la commune de Savigny prend donc la décision de rembourser les frais de fournitures scolaires engagés pour les élèves issus des foyers les plus pauvres. Et en févier 1900, le Conseil municipal accepte le principe de la gratuité des fournitures pour tous les élèves sans distinction, contribuant ainsi à favoriser l’accès à l’éducation. Les petits Saviniens n’ont depuis que le plaisir de choisir un cartable à leur goût pour y ranger tout le matériel du parfait petit écolier que leur fournit la ville le jour de la rentrée.

En 1846, 88 garçons fréquentent l’école de Savigny. Ils sont 92 en 1890 après les lois Ferry. On remarque que les effectifs sont restés stables : en effet la prise en charge des enfants pauvres par la commune permettait déjà à l’ensemble des garçons en âge scolaire de fréquenter l’école. En revanche, l’éducation des filles était loin d’être jugée importante. Les fillettes de Savigny ont eu la chance de bénéficier de la générosité de la Maréchale Davout qui prit en charge la construction d’une école qui leur était réservée : l’école Joséphine ouvrit en 1847 et fut utilisée jusqu’en 1932. En cette rentrée 2010, ce sont 3 485 petits Saviniens qui ont pris le chemin de l’école, 1 348 en maternelle et 2 137 en classes élémentaires.