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Savigny-sur-Orge et Port-Aviation

23 mai 1909, la gare de Savigny connaît une affluence inaccoutumée : les Parisiens se pressent pour assister à l’inauguration du premier aérodrome organisé au monde, Port-Aviation. Situé en limite de Savigny, sur la commune de Viry-Châtillon, il est l’œuvre de la Société d’encouragement à l’aviation créée en 1908. L’aviation n’en est qu’à ses balbutiements mais déjà les possibilités offertes par ces nouvelles techniques enthousiasment, les pionniers ont besoin d’un terrain adapté et réservé à leurs essais. Protégé des vents car en val d’Orge, proche de Paris, bien desservi par les gares de Savigny et Juvisy, le terrain de Port-Aviation, équipé de hangars, tribunes, ateliers… deviendra rapidement le théâtre de nombreux exploits et de multiples manifestations attirant des foules énormes.

Tout au long de l’année 1909, les manifestations se succèdent, avec pour point d’orgue, la grande quinzaine de Port-Aviation organisée du 7 au 21 octobre, au cours de laquelle, entre autres exploits, le comte Lambert, parti de Port-Aviation sur un biplan Wright, vole jusqu’à la Tour Eiffel avant de revenir triomphalement atterrir à Viry-Châtillon.

Les villes environnantes, et Savigny tout particulièrement, profitent largement des retombées économiques de telles manifestations. Sollicitée en août 1909 par la Société d’Encouragement à l’Aviation pour offrir un prix lors de la "grande quinzaine", la commune, prudente, décide de lancer une souscription auprès des commerçants. Devant leur enthousiasme – 349 F récoltés en 5 jours – le Conseil municipal décide d’y ajouter 151 Francs pour offrir un prix dénommé "prix de la commune et des commerçants de Savigny-sur-Orge" d’un montant de 500 F. Le succès est au rendez-vous, On comptera 150 000 spectateurs… et de multiples incidents pour la Compagnie des Chemins de fer français, incapable de faire face à une telle affluence. Ainsi donc, en 1911, la commune de Savigny, reconnaissant que ces fêtes amènent un public nombreux qui profite largement aux commerçants saviniens, offre-t-elle volontiers 100 F pour augmenter la somme offerte au gagnant du "prix de la hauteur".

Un pilote savinien Pierre Verrier, fils d’un cafetier de la Grand rue, né en 1890, passa son brevet de pilote au début de 1911. Employé dans l’entreprise des frères Voisin, il participa à de nombreux meetings, et en particulier aux manifestations organisées à Port-Aviation.






De "sport pour visionnaires intrépides", l’aviation devient une affaire sérieuse. Constructeurs et aéro-clubs s’installent à Port-Aviation.

En 1912, peut-être sensibilisée par sa proximité avec l’aérodrome, Savigny-sur-Orge participe au grand élan de progrès lancé par le syndicat de la presse concernant "l’organisation d’une flotte aérienne nationale assurant au pays le premier rang dans le monde pour l’aviation". Le Conseil municipal vote à l’unanimité, le 24 février 1912, une subvention de 25 francs, et décide en avril suivant d’ouvrir une souscription communale qui viendra grossir la souscription départementale dans le but d’acheter des aéroplanes militaires pour "maintenir la supériorité française et augmenter dans de grandes proportions le nombre des aéroplanes militaires". L’ombre de la guerre se profile.

En effet, après avoir été le théâtre de records fameux et de prouesses techniques, Port-Aviation, un peu délaissé, reprend du service durant la Première Guerre mondiale en accueillant des écoles de pilotage pour les armées britannique puis, française et belge. Près de 600 pilotes français y seront formés par l’école Caudron G3, à raison d’une vingtaine par mois, entre octobre 1915 et décembre 1917.

Mais à la fin de la guerre, alors que l’aviation prend une dimension commerciale, le terrain de Port-Aviation, trop petit et trop enclavé, est abandonné au profit du plateau d’Orly.