La ferme de Champagne

Connue dès le XIIe siècle, cette exploitation agricole eu de nombreux propriétaires. De Gacé de Champagne, évêque de Laon, au maréchal Davout, son histoire se confondit longtemps avec celle de la seigneurie de Savigny. Mais le nom qui reste attaché à la ferme de Champagne est incontestablement celui de la famille Petit. Cette dynastie d’agriculteurs exploita la ferme plus de 170 ans – de 1744 à 1916. Egalement maîtres de poste au relais de Fromenteau, les Petit se consacrèrent entièrement à l’exploitation agricole à partir du milieu du XIXe siècle, lorsque le chemin de fer vint concurrencer la route.

Charles Petit puis son fils Louis feront de la ferme de Champagne une exploitation modèle, à la pointe du progrès, appliquant toutes les nouvelles techniques, innovant même – des premiers essais de labours avec une machine à vapeur tractant la charrue, au terrain d’aviation improvisé pour le décollage d’Emile Dubonnet participant à un concours d’aviation.

La réputation de Champagne était telle que le semencier Vilmorin s’y fournissait en graines.
Prix et médailles ont plusieurs fois récompensé leur succès. Leur plus belle réussite ? La distillerie de betterave à sucre, qui fût la première en France, en 1854, à produire de l’alcool à partir de la betterave en appliquant le procédé mis au point par Hugues Champonnois.

Mais lorsqu’en 1916, Louis Petit meurt à Verdun, ses enfants sont trop jeunes pour prendre sa suite. Vendue, la propriété accueille dès lors le centre de rééducation des victimes de guerre de "l’Union des colonies étrangères en France", dont l’objectif est la réadaptation professionnelle des mutilés. Le centre de Savigny est dédié aux métiers de l’agriculture.
Puis, entre 1926 et 1928, les locaux abritent des classes provisoires en attendant la construction de l’école Jules-Ferry.

Au cours de la seconde guerre mondiale, le ministère de la Justice acquiert la propriété de Champagne pour y installer un de ses centres d’observation pour l’éducation surveillée des mineurs délinquants. De 1945 à 1972, des milliers de jeunes passeront à la ferme de Champagne en vue d’une possible réinsertion.
Aujourd’hui, la ferme de Champagne accueille désormais les services de la Protection judiciaire de la jeunesse et un centre fermé d’action éducative.