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Petite histoire de la Fondation Marie Chauvet

Je lègue à la commune de Savigny sur Orge l’universalité des biens meubles et immeubles composant ma succession au jour de mon décès. Tout sera réalisé et placé sauf la maison de la rue Vigier pour créer un asile. Ce dernier accueillera les vieilles femmes et les filles pauvres de Savigny âgées de plus de 70 ans et domiciliées depuis plus de 20 ans à Savigny. Le nom de la maison sera « Asile Adélaïde et Marie CHAUVET…. Ma volonté formelle est que ma tante et ses enfants, desquels j’ai à me plaindre n’aient rien de moi, ainsi que ses descendants. »

Tels sont les termes énergiques du testament de Marie Clotilde Chauvet, veuve Renard, en date du 12 octobre 1906. Marie Clotilde et sa sœur jumelle Louise Caroline sont nées à Savigny le 27 décembre 1851, filles de Louis Chauvet et Louise Adélaïde Berthau.
Veuve d’Octave Chamberlin, négociant savinien, Marie épouse en secondes noces un autre veuf, Adolphe Renard, qui la laissera veuve une seconde fois et à la tête d’une petite fortune.
Le 12 avril 1912 Marie décède. Le lendemain le testament est ouvert. C’est le début d’un véritable feuilleton aux multiples rebondissements. Les héritiers sont recherchés, ils contestent, le Préfet est saisi, les pourparlers engagés. Le legs est remis entre les mains d’un administrateur. On évalue le legs, les travaux d’aménagement de la maison de la rue Vigier, les coûts de fonctionnement d’un asile…Le Conseil tergiverse et s’interroge sur les conséquences de ce "cadeau empoisonné"
1914, la guerre repousse le problème au second plan. Ce n’est qu’en 1921 que l’affaire est réexaminée. En 1923, le Ministre de l’Intérieur s’impatiente et demande au Conseil de délibérer « à nouveau » sur un emploi « conforme, dans la mesure du possible, aux volontés exprimées par la testatrice. »
C’est finalement, en 1926, après expertise de l’immeuble et de la faisabilité du projet initial, que la commune accepte définitivement le legs. En 1927, les biens sont vendus par adjudication. Le produit de la vente permet de régler les frais d’aménagement et de fonctionnement de l’asile. Les travaux ont lieu en 1930 et 1931. Une commission dresse la liste des personnes assistées en vue d’une admission à l’asile. Le 10 octobre 1931, Le Conseil municipal entérine la fondation sous la dénomination « Asile Adélaïde et Marie CHAUVET ». L’équipement est enfin inauguré le 2 octobre 1932.

Vingt ans après, au début des années 1950, un projet de transformation de l’asile en vue de créer un hospice communal voit le jour, il est abandonné faute de subvention. Mais à la fin des années 1980, l’établissement ne répond plus aux normes en vigueur, pour rester fidèle à la volonté de sa bienfaitrice, la commune décide de le réhabiliter en Maison d’Accueil Temporaire pour Personnes Agées. Cette structure contribuera à lutter contre l’isolement des personnes âgées. C’est dans le même esprit "social" que la MATPA fait place aujourd’hui à l’Espace Simone Dussart, Centre d’accueil de jour pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.