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Savigny sur Orge à l’Exposition universelle… de 1900

L’exposition universelle de Shanghai s’est ouverte le 1er mai pour six mois. Ces grandes manifestations internationales ont quelquefois des conséquences locales insoupçonnées. C’est ainsi que l’exposition universelle de Paris en 1900 a donné lieu, dans toute la France, à la rédaction par les instituteurs des "monographies communales".

Dans le cadre de l’exposition du ministère de l’Instruction publique lors de l’Exposition universelle de 1900, le ministre demanda en effet à chaque directeur d’école de rédiger une notice sur sa commune. Réalisées selon un plan prédéfini, ces monographies présentent la situation géographique et économique de la commune, une esquisse historique ainsi qu’une présentation de l’enseignement. Soigneusement reliés en gros in-folio – 37 registres pour le seul département de Seine-et-Oise – ces travaux reçurent le Grand Prix du jury, la plus haute récompense de l’Exposition. Distinction méritée pour cette œuvre collective qui établi une photographie des villages français et dresse un état de l’enseignement primaire à l’aube du XXe siècle.

Auguste Pacifique Vadier, instituteur à l’école des garçons (future école Ferdinand Buisson), a rédigé de sa belle écriture de maître d’école 38 pages sur Savigny, illustrées de cartes postales, aquarelles et plans du village et des écoles : 16 pages consacrées à la présentation de ce bourg de 1692 habitants et 22 pages sur l’instruction publique à Savigny. S’appuyant sur les archives communales et les délibérations, l’instituteur y détaille l’histoire de l’enseignement dans sa commune depuis la création d’une école gratuite par le curé Joly au début du XVIIIe siècle, le recrutement des maîtres et l’évolution des matières enseignées. Il décrit l’ancienne maison d’école située Vieille rue, "insalubre et dangereuse pour la santé", puis se réjouit, après l’école de la rue de l’Eglise, de pouvoir enseigner dans un nouveau bâtiment, construit en 1883, qu’il décrit avec enthousiasme comme l’école idéale : « l’implantation ne pouvait être mieux choisie », « aucun bruit venant du dehors ne vient troubler l’attention », « les classes sont vastes et bien aérées »… Il insiste également sur les bons résultats obtenus par ses élèves aux examens, et sur le système disciplinaire qu’il a instauré.

En 1903, après 36 années de bons et loyaux services, Auguste Vadier, décoré en 1898 des palmes académiques, prendra une retraite bien méritée. Le Conseil municipal, « considérant la valeur de cet instituteur dévoué et consciencieux », qui « en 10 ans a obtenu 109 certificats d’études et placé Savigny au premier rang des écoles du canton », sollicitera pour lui la rosette d’officier de l’instruction publique.

Un instituteur visionnaire
"Avenir possible de la commune. À mon humble avis, le bourg de Savigny-sur-Orge peut encore s’accroître, car d’assez nombreuses maisons se construisent chaque année dans la partie élevée du village. La proximité de Paris, les communications faciles, la beauté du pays y attireront probablement de nouveaux habitants, et alors, le commerce local prendra plus d’extension." Savigny-sur-Orge, 23 août 1899
Le système disciplinaire du maître Vadier
"Comptabilité morale" – Chaque samedi, à la fin de la classe du soir, a lieu un petit examen de conscience. L’instituteur passe en revue les principaux faits de la semaine ; il distribue aux uns les éloges qu’ils ont mérités, aux autres le blâme qu’ils ont encouru. Il encourage, avertit et fait ses recommandations. Une note spéciale, pour travail et bonne conduite, est alors inscrite à l’actif de chaque élève."

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