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Petite histoire du quartier Sainte-Thérèse de 1900 à aujourd’hui

1900, un terroir agricole

Jusqu’au début du 20ème siècle, Savigny est un village rural d’Ile de France.
L’habitat se concentre autour des deux châteaux, et la majorité des terres est dédiée à l’agriculture. La ferme de Champagne et le seigneur de Savigny se partagent les terres du plateau, qui sont de bonnes terres de labour.
Parmi les terres du château de Savigny, acquises en 1802 par le Maréchal Davout, 2,5 ha deviendront le quartier Sainte-Thérèse.

Le comte Vigier hérite de ces terrains à la mort de la Maréchale en 1871 et les vend un an plus tard lorsqu’il quitte Savigny. Devenus propriété du comte de Gramont, ils sont à nouveau cédés après la première guerre mondiale à différents acheteurs : particuliers ou sociétés immobilières. Les terres agricoles deviennent des terrains à lotir, Savigny va s’urbaniser.

Les années 20, les lotissements

Après la première guerre mondiale, Paris connaît une crise du logement. L’exode rural et le développement industriel de la capitale en sont la cause. L’amélioration des salaires avec la reprise économique, les logements parisiens trop rares et souvent vétustes, les journées de travail raccourcies à huit heures, l’amélioration des transports ferroviaires vers la "campagne" en périphérie de la grande ville, le désir des anciens ruraux de posséder un "bout de terre"… Tous ces facteurs encouragent les travailleurs parisiens à s’éloigner de la capitale.

La législation concernant l’urbanisme est alors peu développée, la réglementation de la construction n’est pas très contraignante. Des sociétés immobilières saisissent l’opportunité et acquièrent les terres des grandes propriétés pour les proposer en parcelles à lotir. Des sociétés mutuelles d’épargne se mettent en place. Intermédiaires entre les sociétés immobilières et les particuliers, elles louent les terrains par lotissements et offrent aux acheteurs des facilités de paiement par le moyen d’une location-vente. La vente du terrain est effective quand le sociétaire a réglé toutes ses cotisations à la société d’épargne. A ce moment, le nouveau propriétaire a souvent déjà construit sa maison sur le terrain.
Ces nouveaux acquéreurs n’ont pas de gros moyens. Employés, ouvriers, ils ont des revenus modestes et l’achat du terrain grève déjà lourdement leur budget. Beaucoup bâtissent eux-même leur habitation. Le terrain est tout de suite équipé d’une cabane de jardin et cultivé en potager. Faire pousser ses propres légumes est à la fois un plaisir et une économie pour ces Parisiens, qui viennent chaque dimanche prendre l’air et commencer les travaux de l’habitation principale. Souvent très simple, comme en témoignent les premières déclarations de travaux, elle s’agrandira au fur et à mesure des besoins et des moyens.

Lorsque la famille s’installe enfin, le confort est souvent rudimentaire. Les rues ne sont pas empierrées, pas de gaz, d’électricité, ni même d’eau, il faut aller au puits.
Ces nouveaux "banlieusards", comme on commence à les appeler sont également surnommés les "mal-lotis" mais aucun ne regrette les efforts consentis pour être enfin "chez soi".

La naissance d’un nouveau quartier

La création des lotissements entraîne un accroissement considérable de la population : de 1 893 habitants en 1923, Savigny passe à environ 7 à 8 000 en 1927.
Il faut éduquer, nourrir, soigner, ces Saviniens nouvellement arrivés. D’où la nécessité de construire des équipements publics (écoles, marché, église) dans les quartiers qui émergent, éloignés du centre ancien.
Grâce à ces nouveaux équipements, une vraie vie de quartier va pouvoir naître.

Dès la création des lotissements la municipalité réserve donc des terrains pour les besoins de la collectivité.
Monsieur Serres, alors propriétaire du château de Grand Vaux, souhaite faire prospérer ses affaires en transformant en lotissement les terres qu’il possède en haut de Savigny. Mais, très bien situés au centre des nombreux lotissements qui fleurissent sur le plateau, ces terrains retiennent l’attention de la municipalité. En 1925, après de nombreuses négociations pour un achat aux meilleures conditions, la commune obtient de Monsieur Serres un ensemble de lots au lieu-dit "l’Avenir de Savigny".
Le groupe scolaire Jules Ferry est le premier équipement construit. En 1927, on évalue à 970 les enfants en âge scolaire alors qu’il n’existe que 3 classes à l’école des garçons et 4 à celle des filles. Le problème est repoussé provisoirement avec l’aménagement de 2 classes dans les locaux vides de la ferme de Champagne, prêtés par les propriétaires. L’Etat et le département sont sollicités pour subventionner la construction d’un groupe scolaire sur le plateau. Bâtit en 1928, il ouvre ses 10 classes en 1929… mais s’avère hélas tout de suite trop petit, et les agrandissements se succèdent : 2 nouvelles classes en 1930, 4 en 1931, 4 en 1933 ; et enfin 10 classes entre 1957 et 1960.

L’église Sainte Thérèse
L’abbé Deutsch, curé de Savigny, s’inquiétant de voir les nouveaux Saviniens trop éloignés de l’église Saint-Martin, obtient de Madame Serres qu’elle cède un terrain à l’évêché. Une baraque en bois sert tout d’abord de chapelle. L’église, dont la première pierre est bénie le 1er avril 1928, sera construite en plusieurs étapes. Bâtiment simple en 1928, agrandi en 1939, pourvu d’une cloche en 1941, orné d’une fresque en 1942 et de vitraux en 1943.

La poste
Après de nombreuses demandes de la part de la municipalité, un bureau de poste auxiliaire est ouvert en 1929 route de Montlhéry, chez l’herboriste qui fait office de receveur. Il faut attendre 1968 pour voir la construction d’un véritable bureau de poste rue des Chardonnerets.

L’approvisionnement
Le marché du plateau est créé en 1930. Il est ouvert les jeudi matin et samedi après-midi, en complément du marché de la place Davout. Considéré par la municipalité comme "présentant un caractère d’utilité publique pour les habitants du plateau", il offre également aux producteurs locaux un second lieu de vente.

Les sports
La pratique du sport se démocratise après la seconde Guerre mondiale. Savigny n’est pas en reste : au début des années 50 un premier terrain de sports est aménagé entre l’avenue de Paris et la rue Gay Lussac. Il fait la fierté de la municipalité, satisfaite de proposer à ses concitoyens un maximum d’équipements modernes.

D’autres besoins doivent également être satisfaits. Ainsi il devient nécessaire de créer un nouveau cimetière. Ce sera fait en 1926 avec l’ouverture du cimetière de Champagne. Le préfet reçoit des demandes répétées pour l’ouverture d’un bureau de tabac sur le plateau. Et la municipalité engage des pourparlers avec la "Lyonnaise des eaux et de l’éclairage" pour étendre le réseau d’eau aux terrains des lotissements, ce qui n’est accordé qu’en 1928.

De l’après-guerre aux années 80, une urbanisation galopante

Après-guerre une nouvelle crise du logement se dessine à Paris. Mais la banlieue est déjà bien urbanisée.

Le manque de place entraîne l’apparition de programmes de logements collectifs. Souvent destinés à des ménages modestes, ce sont pour la plus part des logements sociaux construits par les sociétés de H.L.M. (Habitation à Loyer Modérés).
Ainsi se construisent sur le plateau les 3 bâtiments du "111", boulevard Aristide Briand et les 220 logements de la résidence des "Tilleuls" avenue Gay Lussac.

La population continue d’augmenter et les équipements publics de s’agrandir.
En plus de l’ajout de 10 classes dans le groupe scolaire Jules Ferry, d’autres écoles voient le jour sur le plateau : "Aristide Briand" en 1936, et les maternelles "les Marguerites" en 1960-61 et "Champagne" en 1965.

En 1967 un nouveau parc des sports s’installe avenue de l’armée Leclerc. Plusieurs fois agrandi et complété de nouveaux bâtiments, il deviendra le pôle sportif le plus important de Savigny.
En 1970 l’ancien stade disparaît pour fait place aux "Tilleuls".

La poste s’installe dans un bureau digne de ce nom en 1968.

Le marché, au début simplement installé sur une place, est construit "en dur" après la guerre, puis modernisé en 1981.

1990, première restructuration du quartier

Les modes de vie changent : les femmes travaillent de plus en plus, la voiture est utilisée pour tous les déplacements, la qualité de l’environnement devient une préoccupation, surtout pour les citadins. Pour compenser un quotidien trépidant, chacun aspire à une qualité de vie : des équipements à proximité, un cadre agréable.

A Savigny, beaucoup d’équipements publics sont encore situés dans le "bas", le quartier ancien. Pour éviter de voir se transformer le plateau en "banlieue dortoir", la municipalité, élue en 1983, entreprend de re dynamiser le quartier Sainte-Thérèse- Jules Ferry.
A la fin des années 80, un projet de réaménagement global du cœur du quartier voit le jour. Son but : mettre en valeur les équipements publics par l’amélioration de l’espace environnant.
Un contrat régional est passé en 1990, partenariat avec la région Ile de France, il permet de subventionner ce programme d’aménagement et d’équipement.
L’école maternelle est agrandie, le marché est redessiné.
La place du "19 mars 1962" est agrandie, embellie de plantations. De nombreuses places de parking sont créées.

2002, vers un centre urbain

En 2002 un autre contrat régional permet à la municipalité de poursuivre le projet de valorisation du quartier afin d’en faire le deuxième centre urbain de Savigny.
De nouvelles structures vont accueillir petits et grands.

La quatrième crèche de Savigny se situe sur le plateau, sa conception multi-accueil est adaptée aux nouveaux besoins des familles dont les rythmes de travail ont évolués.

Parce que le temps accordé aux loisirs augmente, la nouvelle maison de quartier est conçue pour offrir un lieu de rencontres, d’échanges, d’activités.

L’espace public et la voirie sont réaménagés afin de concilier environnement, circulation automobile et accès facile aux commerces et aux équipements.

Derrière l’église, desservant les nouveaux bâtiments, les "Jardins Sainte-Thérèse" se veulent plus qu’une simple place, mais un espace agréable, où la nature à sa place, accessible à tous - y compris aux personnes à mobilités réduites -, et conforme aux nouvelles conceptions environnementales.

Le clocher de l’église Sainte-Thérèse reste le point de repère du quartier.