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Jean MARSAUDON (1983-2008)
Jean Marsaudon a été maire de Savigny-sur-Orge pendant 25 ans et député de l’Essonne pendant 15 ans.

Né le 3 mai 1946 à PARIS, Jean MARSAUDON est ingénieur thermicien de formation.

Partisan fidèle de Jacques CHIRAC, il devient, en 1980, conseiller municipal d’opposition à SAVIGNY-SUR-ORGE (Essonne), puis maire après avoir remporté les élections municipales de 1983. Le même jour, il est également élu Conseiller Général de l’Essonne. Il a été régulièrement réélu maire de SAVIGNY-SUR-ORGE depuis cette date.

En 25 ans, Jean MARSAUDON va considérablement rénover et développer la ville. On lui doit entre autres le marché Davout, la ZAC des Gâtines, le nouvel Hôtel de Ville, des crèches, des écoles, des maisons de quartier, la résidence César-Franck, le musée Davout, le gymnase David-Douillet et l’espace Simone-Dussart, centre d’accueil de jour pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

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En 1993, il est élu député de la 7ème circonscription de l’Essonne en battant la ministre Lienemann, ce qui l’oblige à abandonner son mandat de Conseiller Général. Réélu à l’Assemblée Nationale en 1997, 2002 et 2007, il siège sur les bancs du RPR, puis de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP), et à la Commission de la Défense Nationale. Il a été auditeur à l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (46ème session) et un membre actif de la Commission d’enquête parlementaire sur l’immigration clandestine et le séjour irrégulier des étrangers en France (1995-1996). Il est intervenu plusieurs fois dans l’hémicycle, notamment dans le domaine du contrôle et de la limitation des nuisances sonores liées aux activités aéroportuaires. Ses prises de position contre les corridas et contre la chasse à courre lui ont valu de très nombreux témoignages d’estime des défenseurs de la cause animale.

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Dans sa circonscription (Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge, Paray-Vieille-Poste, Savigny-sur-Orge, Viry-Chatillon), Jean MARSAUDON lutte quotidiennement contre les problèmes récurrents d’insécurité et pour une meilleure rationalisation des moyens de transport dans ce secteur très urbanisé. Président du Syndicat intercommunal d’aide aux personnes handicapées, il soutient toutes les associations et structures qui oeuvrent en ce domaine (OHE-Prométhée, Foyer Jacques-Coeur, l’Oasis, …). Il essaie d’être toujours à l’écoute des autres et d’aider celles et ceux qui viennent le rencontrer à la mairie ou dans ses permanences parlementaires. Il justifie d’autant plus l’appellation de député de terrain, qu’il effectue en moyenne 10 kilomètres de marche par jour depuis qu’il a subi un quadruple pontage coronarien en 1996.

Co-fondateur de l’Amicale des Savigny de France, Jean MARSAUDON est passionné par l’Histoire, et particulièrement par l’épopée napoléonienne. Il est vrai que l’un de ses prédécesseurs à la mairie de SAVIGNY-SUR-ORGE fut Louis Nicolas DAVOUT (1770-1823), seul maréchal d’Empire resté invaincu sur les champs de batailles.

Jean MARSAUDON est décédé le 18 septembre 2008 des suites d’une longues maladie. Ses obsèques, dans sa ville de Savigny-sur-Orge, ont rassemblé près de 5000 personnes venues saluer une dernière fois l’élu de convictions et l’homme de cœur.

Éloge funèbre de Jean Marsaudon

prononcé le 19 novembre 2008 à l’Assemblée Nationale

(Mmes et MM. les députés ainsi que Mmes et MM. les membres du Gouvernement se lèvent.)

M. le président. Madame, mesdames et messieurs les ministres, mes chers collègues, c’est avec une grande tristesse et beaucoup d’émotion que nous avons appris la mort, le 18 septembre dernier, de notre collègue Jean Marsaudon.

Cet homme de soixante-deux ans, qui fut des nôtres pendant quinze ans, nous a quittés trop tôt. Né à Paris en 1946, Jean Marsaudon fut d’abord ingénieur. De sa vie professionnelle d’avant son entrée en politique, il avait gardé le sens du travail et des réalités concrètes. Le responsable public qu’il devint n’oublia jamais qu’il était de ceux qui avaient un métier. Il y trouvait un fondement supplémentaire à la liberté d’esprit et de ton qui était sienne.

Si Jean Marsaudon eut un métier, il eut aussi un destin : la vie publique et la politique. Gaulliste ardent, la politique était pour lui un combat et un engagement de tout son être, une passion. Pendant vingt-cinq ans, ce fut sa vie.

En 1983, à trente-sept ans, Jean Marsaudon est élu pour la première fois et entre en politique pour ne plus la quitter. Il devient alors maire de Savigny-sur-Orge et conseiller général de l’Essonne. Il servira si bien sa ville, à laquelle il était profondément attaché, que les Saviniens reconduiront son mandat à chaque échéance, jusqu’à sa brillante réélection aux dernières municipales.

En un quart de siècle de mandat municipal, Jean Marsaudon a transformé Savigny. Crèches, écoles, équipements en tout genre : c’est à sa détermination et à son engagement obstiné que Savigny doit d’être ce qu’elle est aujourd’hui. Son conseil municipal et ses collaborateurs à la mairie se souviendront toujours du maire exemplaire et de l’homme attentif et attachant que fut Jean Marsaudon.

En 1993, Jean Marsaudon entre à l’Assemblée nationale. Élu député de la 7e circonscription de l’Essonne, il sera réélu à chaque échéance. Jean Marsaudon, ancien auditeur à l’Institut des hautes études de la défense nationale, fut un membre éminent de la commission de la défense. Ses combats furent nombreux. Il se battra contre l’insécurité et le terrorisme ; il défendra l’environnement ou les personnes handicapées, et il s’opposera vigoureusement à la chasse à courre ou aux corridas. À l’Assemblée nationale, dans l’hémicycle comme à la commission de la défense, il défendait ses convictions avec force et courage.

Car, au-delà de ses réalisations, Jean Marsaudon, c’était un style, un ton. Et ce n’est pas sans raison qu’on surnommait l’homme de terrain et d’action qu’il était, le « taureau de Savigny ».

Grand patriote et grand admirateur de Napoléon, Jean Marsaudon aimait la France avec passion.

Il était de ceux pour qui la politique n’est pas séparable d’une ferveur chaleureuse et puissante, faite de courage, de souci de l’autre et de désir d’agir. Il était de ceux pour qui la politique vient du cœur. Il était de ceux pour qui la politique est le courage de l’action au service des plus ardentes convictions.

Fidèle à ses idéaux, Jean Marsaudon a loyalement servi ses concitoyens et son pays. Il était un homme de passion, un homme d’engagement. Il nous manquera.

À son épouse, à sa famille, à ses proches, à ses amis du groupe UMP, je renouvelle, au nom de notre assemblée, l’expression de notre peine et de notre profonde sympathie.

(Mmes et MM. les députés et les membres du Gouvernement observent quelques instants de silence.)

M. le président. La parole est à M. Roger Karoutchi, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement.

M. Roger Karoutchi, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement. Madame, monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, Jean Marsaudon nous a quittés trop vite.

Longtemps, Jean Marsaudon a incarné, dans sa ville de Savigny qu’il adorait, dans l’Essonne, et dans tout le pays, les valeurs gaullistes, foncièrement républicaines et démocratiques. Il était, avant tout, attaché à sa terre d’élection et soucieux de ce qu’il pouvait faire pour son pays.

Jean Marsaudon, ingénieur, élu maire de Savigny en 1983, gérera jour après jour et transformera pendant vingt-cinq ans une commune à laquelle il finira par s’identifier. Je me souviens que, lors de visites de la ville en sa compagnie, il me parlait de la couleur des dalles de la station de RER, ou de celle des réverbères. Sur les chantiers, il appelait chacun par son prénom : il connaissait tout le monde à Savigny, et tout le monde savait qui était le maire de Savigny.

Féru d’histoire et admirateur de Napoléon ainsi que du maréchal Davout – son lointain prédécesseur à la mairie, dont un buste occupe toujours le hall de l’hôtel de ville –, il a incarné avec vigueur les valeurs qui font encore la force du tissu politique de notre République. Par ses engagements, à Savigny, au conseil général de l’Essonne puis à l’Assemblée nationale à partir de 1993, il incarnait de nombreux combats : contre la chasse à cour, pour la défense de l’agriculture et celle d’un certain nombre de valeurs dans un profond respect pour l’armée, La Marseillaise ou le drapeau, qui n’était pas motivé par le nationalisme, mais par son attachement viscéral à la République.

Il s’est battu sur les questions liées à l’international et à la défense au sein de la commission de la défense comme il se battait sur le plan politique pour défendre l’héritage des valeurs léguées à la France par le général de Gaulle.

Savigny, le général de Gaulle, Davout et, finalement, la France : plusieurs passions animaient Jean Marsaudon, parlementaire d’exception qui a mené son combat jusqu’au bout. Á ses obsèques, était présents, non seulement, tout Savigny, mais aussi, tous ceux qui, au-delà des clivages politiques, se reconnaissaient dans ce républicain et ce patriote exemplaire.

Je présente les condoléances du Gouvernement à son épouse, à sa famille, à tout Savigny, à la commission de la défense, au groupe UMP et à l’ensemble des députés.

(Mmes et MM. les députés et les membres du Gouvernement observent quelques instants de silence.)