Le domaine de Grand-Vaux

Au XIVe siècle, le domaine s’intègre dans un vaste ensemble royal qui s’étend sur les deux rives de l’Yvette.

1475. Lorsque Etienne de Vesc devient propriétaire de Savigny, Grandvaux est constitué de deux domaines principaux : Le Vaux de Voise appartenant à Messire de la Boissière, l’autre à Alexis la Moissonne. Ce ne sont que champs et chaumières exploités par des fermiers dont les plus connus sont Jehan de la Huperay et les Chauvin.

Au XVIe siècle, à l’emplacement des masures des Chauvin s’élève un manoir qui prend le nom de Grandvaux.

1635. Le manoir remplacé par une maison de maître, devient propriété du sieur Christophe Cadeau, riche marchand de draps de Paris.

1638. Ferdinand de la Baulme comte de Montrevel seigneur de Savigny, acquéreur du fief de la Moissonne en fait don à son aumônier, Claude de Pradines.

1655. Claude de Pradines cède le domaine aux bénédictins de Notre-Dame de Bonne Nouvelle d’Orléans. La famille Cadeau reste propriétaire de Grandvaux jusqu’en 1739 ; le domaine passe en diverses mains, les parents du marquis de Sade entre autres, jusqu’au 15 juillet 1797, date à laquelle Pierre Vigier l’acquiert. Celui-ci est considéré comme le véritable fondateur du domaine de Grandvaux. Ancien garçon de bains de l’établissement Poitevin, Pierre Vigier épouse la femme de son patron décédé, et prend la direction de l’entreprise. Enrichi, Pierre Vigier achète à bas prix des biens nationaux. Il achète la maison de maître de Grandvaux, les terres des religieux de Notre-Dame d’Orléans ainsi que les petits domaines contigus. Le domaine a alors une superficie d’environ 10 hectares.

De 1800 à 1817, Pierre Vigier achète quantités de terres qui lui permettent d’agrandir son parc, de posséder des terrains de culture. Le domaine couvre 100 hectares.

16 septembre 1817, Pierre Vigier meurt à Paris, il est inhumé le 22 dans un pavillon du parc, en bordure de la rue du Billoir. Son unique héritier est son fils naturel Achille Vigier (16 ans). A sa majorité, il prend en main l’administration de ses biens et conçoit le projet d’agrandir et de replanter le parc.

Le 5 août 1820, Achille Vigier épouse la fille du maréchal Davout, Joséphine.

De 1827 à 1831, le château remis à neuf devient une gentilhommière de conception simple comprenant un corps de bâtiment unique. La disposition intérieure comporte au rez-de-chaussée, vestibule, salle de billard, salle à manger, salon de compagnie, salon de musique, boudoir, bibliothèque et cabinet de travail ; un premier étage abritant les appartements des maîtres et la fameuse baignoire Vigier amenée dès le début par le père ; un second étage abrite les chambres du personnel et des amis de passage. Les artistes les plus habiles sont appelés pour la décoration.

Augmenté par Monsieur Vigier père, le parc est presque doublé par le fils. Le terrain descend en pente régulière, traversé par de larges allées, jusqu’au pont de l’Yvette et découvre une superbe vue sur la vallée, depuis Petit Vaux jusqu’à Villemoisson.

De tous les châteaux de la région, Grandvaux est le mieux disposé et le plus beau.

Le baron Vigier, fils du second mariage du comte Vigier, époux de la célèbre cantatrice Sophie Cruwell dite Sophie Cruvelli, s’installe à Savigny. Il y meurt en 1882. La baronne survit jusqu’en 1907.

En 1905, le château change de propriétaire. C’est Monsieur Darlu, agent de change qui l’acquiert. Le 24 février 1916, en pleine guerre, un hôpital militaire y est installé.

Le domaine connaît un nouvel essor, après la guerre, avec son nouveau propriétaire, Ferdinand Serres, industriel. Il transforme l’intérieur en un véritable musée de l’Empire. Toutes les pièces rares sont dispersées lors d’une vente aux enchères en juin 1935.

Après la Libération, la Société Salmson achète le château et veut en faire une maison de repos et de vacances. En définitive, le domaine est vendu à une société immobilière qui fait raser le château, la commune en ayant refusé le don, et construit à la place deux immeubles : Grand-Val. Le parc, coupé en deux par l’autoroute, est loti d’immeubles qui forment aujourd’hui la cité de Grand-Vaux.

F. et F. J.