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Les traces de la mémoire

Rester curieux et savoir observer. Tels ont été les préceptes d’Alain Bénard, venu exposer lundi 9 mars à la Salle des Fêtes ses recherches au sein du Groupe d’Etudes, de Recherches et de Sauvegarde de l’Art Rupestre (GERSAR). Sur une vaste zone qui comprend le Sud de l’Essonne, le Nord du Loiret et une petite partie de la Seine et Marne, sont regroupées de nombreuses cavités rocheuses, témoins aujourd’hui d’une vie humaine bien antérieure à notre ère. Les pièces les plus abondantes se situant dans le massif de Fontainebleau, un site bouleversé par les chaos rocheux qui ont permis à des homo-sapiens de se protéger des animaux et des intempéries. La datation, selon le conférencier, s’inclut entre 15 000 et 12 000 années avant notre ère durant le paléolithique. « Ces gravures ont souvent été exécutées sur les parois internes accessibles à la lumière du jour, a-t-il résumé. Le caractère stéréotypé et répétitif évoque souvent une pratique individuelle transmise dans un contexte tribal et une fréquentation épisodique répétée des sites. »

Un diaporama proposant de nombreuses figures photographiées lors de fouilles et sur les terrains d’exploration nous ont montré des dessins très stylistiques, « de l’ordre du symbolique » a précisé Alain Bénard soulignant là, par exemple, la représentation d’une lance métallique élaborée à l’âge du bronze. « Ces êtres humains n’étaient pas moins intelligents que nous le sommes aujourd’hui, a raconté Alain Bénard. Simplement, ils n’avaient ni le besoin ni l’utilité de représentations plus élaborées de leur univers. »

Mais, peut-être, le plus étonnant est que ces roches donnent à lire ces périodes lointaines ou révolues comme des palimpsestes. Car beaucoup plus proches de nous, des gravures sont datées du Moyen-Âge comme ce heaume avec lance ou encore comme ces inscriptions datant des deux guerres mondiales, empreintes laissées par des soldats en planque et qui témoignent là de leur passage sur les terres essonniennes.

Après 40 années d’existence, déjà, le GERSAR présidée par Alain Bénard continue ses recherches avec passion. Ce sont aujourd’hui plus de 1200 « abris ornés » qui ont été ainsi mis à jour. Même si la précision de la datation reste souvent incertaine, les outils technologiques (appareil photo, GPS) permettent de mieux apprécier ces manifestations du passé de l’Humanité.