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1914, les raisons de la Guerre

Bien sûr, le discours de François Lagrange comme docteur en Histoire est scientifique et se nourrit de rigueur intellectuelle. Mais à l’occasion de la brillante communication que le conférencier a proposé le samedi 22 novembre à la Médiathèque dans le cadre de la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, celui-ci a souligné, textes à l’appui, combien la littérature pouvait porter témoignage tout comme les sciences humaines. Ainsi, invoquant le dramaturge et écrivain Stefan Zweig, François Lagrange, à travers quelques lignes de l’auteur austro-hongrois, a évoqué les journées calmes et chaudes de l’été 14 qui commence. Calme en apparence. Car les élites européennes n’ont pas pris conscience de l’inéluctable et du drame qui prend corps. Autre auteur qui excelle étonnamment dans la description de la préparation de la guerre, Marcel Proust avec La Prisonnière.

Chacun garde en mémoire l’assassinat du pacifiste Archiduc François-Ferdinand d’Autriche à Sarajevo comme déclencheur du conflit. Pourtant, nous dit François Lagrange, nous devons nous intéresser aussi et surtout aux luttes des pays européens pour la maîtrise des colonies, particulièrement la France et l’Allemagne qui ont évité de justesse plusieurs guerres depuis 1871 sur la question de la colonisation du Maroc. L’historien a également exhumé des écrits du Président de la République Raymond Poincaré qui semble soulagé de l’entrée en guerre et l’espère courte et rapide. Le propos fait aussi écho au manque de courage des dirigeants de l’époque face à leurs responsabilités. D’où cette idée d’une guerre improvisée avec une utilisation progressive des obus bientôt fabriqués par des femmes et des enfants se substituant aux civils partis sur le front.

De cette guerre financée par l’inflation et les emprunts internes et externes, les Etats-Unis s’imposant alors comme le principal débiteur d‘une Europe en feu, François Lagrange a résumé en une heure et demi cette entrée en guerre de manière passionnante. Une conférence très vite passée tant la vulgarisation érudite de ce responsable de la division de la recherche historique au sein du Musée de l’Armée et spécialiste de la Première Guerre mondiale fut captivante.