Du village à la ville

Du village à la ville, petite histoire de Savigny-sur-Orge

Jusqu’en 1925 Savigny est un petit village d’Ile-de-France blotti autour de son château au confluent de l’Orge et de l’Yvette. On y distingue deux noyaux d’habitat, le village et le hameau de Grand-Vaux. Le village s’organise autour d’une vaste place devant la cour d’honneur du château. Trois rues partent de cette place, à gauche, la large rue du mail, au centre l’avenue du château qui monte vers le plateau, à droite la grande rue. Quelques ruelles les relient entre elles, et la rue de la Martinière grimpe à flan de coteau vers les maisons du hameau de Grand-Vaux.

Le territoire se différencie en trois "terroirs" : les terres labourables du plateau qui appartiennent à quelques grandes fermes, en particulier la ferme de Champagne, située sur le plateau à la limite de Juvisy ; les vignes et vergers sur le coteau, les prairies des vallées de l’Orge et de l’Yvette : prés des Rossays, de Saint-Martin et le marais Pourdieu. La population, essentiellement rurale, évolue peu ; passant d’environ 800 habitants à la fin du 18ème siècle à 1 700 avant la première guerre mondiale.

Le développement de la commune de Savigny-sur-Orge prend son essor après la guerre de 1914-18.

En effet, l’afflux de population rurale vers le pôle d’activité qu’est Paris, la crise du logement, les lois relatives au logement social et à l’accès à la petite propriété (permettant ainsi aux populations moyennes, jusqu’alors dans l’incapacité d’acheter une maison, d’accéder à la propriété) entraînent la création massive de lotissements entre 1923 et 1935. Savigny, favorisée par sa gare sur la ligne de chemin de fer du Paris-Orléans, s’urbanise très rapidement. Les coteaux jadis couverts de vigne et les grands terrains agricoles du plateau se couvrent de petits pavillons. En 1919, la loi du 23 avril, limitant la durée du travail à 8 heures par jour, facilite les déplacements quotidiens ; puis ce sera la "semaine anglaise" et, en 1926, l’électrification Paris-Vierzon, qui diminue les temps de parcours entre Savigny et Paris, tandis que le nombre de trains augmente.

Les lotissements n’accueillent plus seulement quelques maisons de week-end, mais constituent l’habitation principale d’une catégorie sociale appelée « les banlieusards ». Ces logements sont parfois, dans un premier temps, de simples abris de jardin en bois avant d’être transformés de la main de leur propriétaire en petites maisons. La viabilité n’est entreprise qu’après le vote de la loi du 15 mars 1928 (loi Sarraut) sur les lotissements défectueux, au moyen des subventions et prêts (la loi Loucheur du 13 juillet 1928 favorise aussi les prêts) qu’elle permet d’obtenir. A Savigny-sur-Orge, il suffit de 3 à 4 ans pour aménager les rues, les réseaux de gaz, d’eau, d’électricité et les égouts. La population est multipliée par 6 entre 1921 et 1931 à Savigny, 68% des Saviniens vivent sur le plateau. La ville compte en 1931, 1 400 enfants entre 6 et 13 ans (en âge d’être scolarisé) contre seulement 208 en 1911.Ce phénomène va entraîner la création de nouveaux équipements publics et la naissance d’un nouveau quartier sur le plateau autour de l’église Sainte Thérèse et de l’école Jules Ferry.
Cet accroissement de population s’est produit un peu partout en région parisienne mais a été particulièrement important à Savigny, du fait de la grande superficie de la commune.

Après la Seconde guerre mondiale, une nouvelle crise du logement se dessine à Paris, la banlieue est déjà bien urbanisée. Le manque de place entraîne l’apparition de programmes de logements collectifs. Sont alors construits les grands ensembles de Grand-Vaux, Grand-Val, les Prés-Saint-Martin, et les bâtiments H.L.M. sur le plateau.
La population continue d’augmenter et les équipements publics de s’agrandir.
Après la période des logements collectifs, deux derniers quartiers sont urbanisés mais avec un habitat de type pavillonnaire – Clair village et les Gâtines – sur les derniers terrains agricoles libérés.

Depuis le début des années 1980, l’urbanisation galopante a laissé place à une urbanisation maitrisée. Cinq programmes de développement urbain, soutenus par autant de contrats régionaux, ont permis de restructurer les deux centres urbains – le Savigny ancien et le plateau –, de renforcer les équipements de proximité et d’améliorer le cadre de vie.