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La libération de Savigny

24 août 1944 : La libération de SAVIGNY SUR ORGE

6 juin 1944, l’Histoire s’accélère, les Alliés débarquent sur les plages normandes, direction Paris. Après les combats de Normandie et les victoires alliées, la progression des troupes de libération est rapide. Les Allemands se préparent à l’affrontement comme au repli.

À Savigny-sur-Orge, la tension monte. Le 17 août, quelques soldats allemands incendient la salle des Fêtes de la Mairie, transformée en dépôt allemand. Dans la soirée les Allemands font sauter le pont des "trois arches" sur l’Orge et le raccordement de chemin du fer de la grande Ceinture avec le Paris-Orléans pour retarder l’avancée des troupes de libération. De nombreuses maisons sont endommagées : toitures soufflées, vitres brisées dans les rues Gambetta, du Billoir et de l’Egalité.

Au matin du 19 août, tandis que commence l’insurrection parisienne, une voiture blindée fait irruption dans la cour de la mairie, le maire et le personnel sont pris en otages. Ils seront fusillés si les Allemands ne récupèrent pas dans les deux heures les marchandises abandonnées dans leur dépôt du château de Charaintru et immédiatement (bien évidemment) récupérées par la population. Tabac, cigares et cigarettes affluent, les 10 otages sont libérés. Par un malheureux concours de circonstances, des membres du groupe F.F.I.-Libération Nord sont réunis au café tout proche "l’ami Gaston" rue de la Liberté. Surpris par l’irruption des soldats allemands, les F.F.I. tentent de se disperser rapidement. Des coups de feu éclatent, René Charton, qui participe à la réunion des résistants est grièvement blessé, il décèdera le 25 août.

Le 22 août, le général Leclerc reçoit l’ordre de marcher sur la capitale. Les combats de rue sont intenses, la 2ème division blindée de Leclerc suit deux axes, à l’ouest, le groupement Langlade passe par la vallée de Chevreuse, Jouy-en-Josas, Clamart ; au sud, le groupement Billote emprunte la route d’Orléans, Longjumeau, Massy, Wissous, Fresnes. À la limite de Savigny et de Juvisy, près de la ferme Champagne, un poste allemand d’une quinzaine d’hommes reste en action et se prépare au combat : des hommes sont requis pour creuser des tranchées sur l’ordre des Allemands. Ils doivent se « présenter immédiatement avec pelle et pioche, angle de l’avenue Linné et place Anatole France pour 4 heures de travail », sous peine de sanctions graves.

Enfin, le 24 août à 11h du matin, une colonne de la « 2ème D.B. » entre dans Savigny par le chemin des Meuniers. Les F.F.I. se joignent à eux et des combats s’engagent.
Au carrefour du chemin des Meuniers et de la rue Jean Allemane, un soldat français est tué, deux tanks sont endommagés et restent sur place. Peu après, des affrontements ont lieu au poste allemand du quartier de Champagne. Deux gradés s’enfuient, les soldats allemands se rendent aux habitants. La 2ème D.B., arrivée sur les lieux, confie les prisonniers aux résistants avec pour mission de les emmener à la mairie. Charles Mossler, à vélo, précède la camionnette des F.F.I.. Pour se protéger, il a un casque, allemand. Le groupe débouche au carrefour de l’avenue de la République au moment où les troupes américaines arrivent par le boulevard Aristide Briand. Trompé par le casque, un char fait feu. Charles Mossler est mortellement blessé, le chauffeur de la camionnette, Jean Gally, est blessé.
Les combats se poursuivent rue des Fauvettes à Juvisy, où les gradés allemands se sont enfuis, refusant de se rendre aux F.F.I.. Daniel Niord et René Leuthreau les poursuivent à travers les jardins jusqu’à la rue des Alouettes. Des coups de feu sont tirés, Daniel Niord est tué sur le coup. Les Allemands finissent par se rendre aux Américains qui arrivent. Savigny-sur-Orge est libéré, le 25 ce sera le tour de Paris.

Les combats ne sont pas pour autant terminés. Tandis que les troupes de libération continuent leur avancée vers l’Est, des commandos de résistants patrouillent pour sécuriser les zones qui viennent d’être libérées. Le 29, Robert Leuthreau, qui poursuit la lutte avec les F.F.I. de Juvisy, est tué accidentellement lors d’un entraînement.

La ville de Savigny a peu souffert lors de la libération. Elle est malgré tout endeuillée par la perte de trois de ses enfants. Charles Mossler, Daniel Niord et Robert Leuthreau, tous trois engagés dans les F.F.I., les deux derniers n’avaient que 18 ans. Dès août 1945 il est décidé de poser des plaques commémoratives sur les lieux même où ils sont tombés et en 1958, trois rues seront débaptisées pour prendre leurs noms. En 1944 le chemin des meuniers devient l’avenue de l’Armée Leclerc en hommage aux libérateurs, en avril 1945 l’avenue des Fauvettes, où se sont déroulés les combats, est rebaptisée " avenue de la Résistance ".

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