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MJC
50 ans de partage

1964, une autre époque. Mais cinquante ans après, la philosophie est restée la même : partager la culture avec le plus grand nombre. Au moment de souffler les bougies de son demi-siècle, la Maison de la Jeunesse et de la Culture de Savigny garde un œil sans nostalgie dans le rétroviseur de ces années écoulées, un autre sur son avenir. Rencontre avec le président Jean-Claude Hardy et le directeur Didier Michou.

« Qu’est-ce qui est le plus scandaleux : cette photo ou l’absence de MJC à Savigny ? » : en 1968, un groupe de jeunes un peu virulents s’était photographié de dos et le postérieur à l’air puis avait placardé la photo sur les murs de la MJC pour protester du manque de moyens de l’établissement. Le moment était éruptif et les esprits échauffés. L’anecdote révèle combien l’histoire de cette MJC comme celle plus globale de ces lieux culturels initiés par André Philip n’a pas été qu’une saga pacifique. André Philip, grande figure politique de la IVe République, a lui fondé dès septembre 1944 la « République des Jeunes », une préfiguration de la Fédération Française des Maisons des Jeunes et de la Culture dont la MJC savinienne est aujourd’hui naturellement membre.

Après deux déménagements, de la Résidence des Tilleuls à la rue des Genêts, puis enfin son implantation dans la Grande Rue en 1983 au moment où Jean Marsaudon devient l’édile de la ville, le propos de la MJC n’a pas changé : être un lieu de rencontres et d’échanges avec ouverture sur la culture et transmission du savoir. « Dans une volonté intergénérationnelle, nous proposons des spectacles pour les enfants en y conviant les parents, raconte Jean-Claude Hardy. Cela provoque des dialogues parfois passionnants au sein des familles. Alors notre but est atteint. » La MJC est ainsi au fil du temps devenue Scène Nationale de Proximité pour le Jeune Public et offre régulièrement aux artistes des résidences pour leur permettre de créer des œuvres originales comme cette pièce sur le droit à la différence, « Bazar Monstre », ou ce spectacle avec des marionnettes de papier pour comprendre le parcours de Louis Braille, le concepteur de l’écriture à points saillants qui porte son nom.

Un lieu ouvert sur la ville

« Le renouvellement du Conseil d’Administration est un des temps forts de la MJC, précise Didier Michou. Il permet d’agréger autour d’un même projet des responsables de la société civile, un projet conçu toujours autour du don et de la transmission. Même si depuis la fondation de l’établissement les bénévoles des origines ont laissé la place aux professionnels. » Ainsi l’intention est restée la même mais l’offre s’est adaptée à l’époque : le ciné-club a, par exemple, laissé la place au Bar des Sciences. « Nous proposons tous les mois et demi ce rendez-vous construit sur l’échange entre une salle de néophytes et une table ronde organisée autour de deux ou trois spécialistes et d’un journaliste. Derniers rendez-vous : « La déforestation, quelles conséquences pour la planète ? » ou « La recherche spatiale aujourd’hui, pour quoi faire ? ».

La MJC est aussi une structure ouverture sur la ville. Avec le côté Cafète, elle permet aux lycéens de Monge et de Corot de se retrouver dans un endroit convivial. Elle mène également des actions transversales avec d’autres institutions comme les maisons de quartier de Savigny. Ainsi, le projet participatif « Regards croisés, Saveurs du monde » a permis la conception d’un petit livre de recettes élaborées avec les femmes des trois maisons de quartier. « Mais cette volonté d’ouverture n’est pas nouvelle, comme le rappelle Jean-Claude Hardy. Avec un atelier radiophonique, de juin à septembre 1996, Radio Loco a offert aux associations saviniennes la possibilité de se présenter et de s’exprimer. » La continuité toujours en évolution, en quelque sorte.