Grand-Vaux
Le grand ensemble immobilier de Grand-Vaux est bâti sur l’ancien domaine du château du même nom, propriété du comte Vigier, puis de l’industriel Ferdinand Serres. Ce vaste terrain coupé en deux par le projet d’autoroute est classé zone d’habitation en 1954. Au total, 1521 logements seront construits entre 1961 et 1968.

Dans les années 50, c’est la crise du logement. En cette période, un vaste terrain nu est une aubaine que les sociétés immobilières s’arrachent. Parmi les projets soumis au Conseil municipal, quelques-uns tirent leur épingle du jeu. Ainsi le 6 mars 1957, la commune donne son accord au projet SEMICLE (Société d’économie mixte pour la construction de logements économiques) concernant la totalité du terrain au sud de l’autoroute : c’est l’acte de naissance du grand ensemble de Grand Vaux. Une partie des immeubles est en copropriété, l’autre (60%) est constituée de logements sociaux de type HLM. Ces années sont aussi celles du conflit algérien, et il s’agit de trouver où loger les Français rapatriés d’Afrique du Nord : 1/3 de la capacité d’accueil du futur ensemble leur sera réservée.

La première tranche de 716 logements est achevée en 1962. Il faudra attendre 1968 pour la seconde (805 logements). Lors du Conseil municipal du 28 juin 1962, il est décidé de donner à la rue principale le nom de Henri Ouzilleau, résistant mort en déportation. Des noms de peintres sont choisis pour les autres voies.

Propriétaires ou locataires, les nouveaux habitants du quartier sont nombreux à apprécier le confort moderne de ces appartements tout neufs. Pensez ! Ils sont équipés du chauffage central et l’eau chaude coule au robinet ! Au début des années 60, c’est encore un luxe. L’ensemble immobilier se peuple rapidement, l’ambiance est villageoise. Les commerces sont nombreux autour du petit supermarché, et en septembre 1975, l’ouverture d’un marché couvert fait le bonheur de toutes les ménagères. Le pré aux Houches, vaste carré de nature au bord de l’Yvette, où l’on voit encore paître vaches et chevaux, donne au quartier comme un air de campagne. Les enfants colonisent le parc, vestige du domaine, qui devient évidemment leur terrain de jeu favori.

Mais si jouer dans le parc a du bon, il faut tout de même pour tous ces bambins rejoindre les bancs de l’école. La municipalité lance le projet de construction d’un groupe scolaire dont l’importance oblige à prévoir deux tranches de réalisation. La première, lancée en 1962, donne naissance au groupe scolaire Saint-Exupéry (26 classes élémentaires et 6 maternelles en 1971), la seconde, lancée en 1964, aboutit à la création du groupe scolaire Jean Mermoz (6 classes maternelles et 17 élémentaires devenues collège en 1966), agrandi en 1977-78.

A l’instar de l’école, différents aménagements se succèdent au fil du temps, des plus pratiques aux plus spirituels. En 1964, un passage sous l’autoroute A6 relie le grand ensemble au reste de la commune. Le 13 décembre 1964, c’est l’église Notre Dame d’Espérance, réalisée grâce à la volonté des habitants et construite par l’architecte de la résidence, que l’on consacre. Le pré aux Houches est aménagé en 1976-1977.

Le vent tourne dans les années 80-90. Les bâtiments vieillissent doucement, le centre commercial est peu à peu déserté. Malgré tout, le quartier continue d’évoluer. Grâce aux contrats régionaux signés en 1990 et 1994, une crèche est ouverte en 1993, le centre de loisirs Charles Perrault construit en 1984 est agrandi. Le programme « Ville avenir-prévention » permet d’autres réalisations : une maison de quartier voit le jour en 1998, un petit pont sur l’Yvette remplace celui datant de 1974, un nouveau chemin piétonnier serpente dans le pré aux Houches. En 2005, le nouveau gymnase David Douillet sort de terre au pré aux Houches, pour remplacer celui qui a brûlé trois ans plus tôt.

En 2011, la ville signe avec le bailleur social Coopération et Famille un protocole d’accord lançant une étude pour la rénovation du quartier. Signe des temps, c’est la notion « d’écoquartier » qui oriente les travaux. Aujourd’hui encore, les aménagements se poursuivent : une aire de jeux et un skatepark seront bientôt installés près du gymnase David-Douillet.

6000 personnes habitent actuellement Grand-Vaux.