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Il y a 90 ans, était inauguré le monument aux morts de Savigny-sur-Orge

Loi du 25 octobre 1919 relative à La commémoration et la glorification des morts pour la France au cours de la Grande Guerre :

"Un monument national commémoratif des héros de la grande guerre, tombés au champ d’honneur, sera élevé à Paris ou dans les environs immédiats de la capitale."

"Tous les ans, le 1er ou le 2 novembre, aura lieu une cérémonie consacrée dans chaque commune à la mémoire et à la glorification des héros morts pour la France. Elle sera organisée par la municipalité avec le concours des autorités civiles et militaires."

29 octobre 1922, à quelques jours du 4ème anniversaire de l’Armistice qui mit fin au terrible conflit de la Grande guerre, la sonnerie aux morts retentit au cimetière de la Martinière. Savigny-sur-Orge inaugure le monument aux morts, rendant ainsi hommage à ses 79 enfants tombés au cours des ces quatre années. À Savigny comme dans toute la France, la population, profondément meurtrie, éprouve le besoin d’avoir un lieu de recueillement. De l’ampleur des pertes humaines et de la volonté d’honorer les combattants, est né un culte des soldats "morts pour la France", culte qui se concrétise par l’apparition de monuments commémoratifs dans les villes et les villages de France. La loi du 25 octobre 1919, encourage ce mouvement par une subvention d’Etat accordée aux municipalités. Dès août 1919, le Conseil municipal de Savigny décide d’ériger un monument à ses morts. Le prix en est fixé à 200.000 F, dépense qui sera supportée par le budget municipal. Le 14 mars 1920, la possibilité de faire appel à une souscription publique est évoquée. Lors de la réunion du Conseil municipal du 13 novembre 1920, le choix du cimetière de la Martinière pour l’érection du monument est confirmé car contrairement à la place principale un temps évoquée, il offre la possibilité d’y installer un caveau "pour recevoir les corps des enfants de notre commune morts pour la France, qu’il plairait à leur famille d’y faire inhumer."

Fin novembre débute la quête à domicile. Le 30 janvier 1921, une lettre d’appel à la générosité est adressée aux personnalités politiques du département, notables et propriétaires n’habitant pas la commune. En juillet 1921, le produit de la quête s’élève à 11.000 F. le Conseil municipal débat quant à l’ampleur à donner au monument, à la somme attribuée par la commune et à la possibilité d’étudier plusieurs projets. En effet, si en février 1921 l’architecte communal a présenté un projet de monument, il n’a pas reçu l’approbation du Conseil. Un concours est lancé. Le 31 octobre 1921, la proposition de monsieur Roblot, statuaire à Epinay-sur-Orge, est retenue parmi les dix entrepreneurs concourants.

Réaliste, allégorique ou funéraire, les sculptures ornant les monuments aux morts expriment différentes idées : la guerre héroïque ou tragique, la population civile endeuillée et douloureuse, la Patrie victorieuse et reconnaissante et pour un petit nombre, la haine de la guerre et la glorification de la paix. La municipalité de Savigny choisit une symbolique très forte. Un obélisque, gravé sur trois côtés des 79 noms, et sculpté en façade d’une Victoire. Casquée, donc invincible, elle tient dans sa main droite la palme du martyre et de la gauche élève la couronne de lauriers des héros au dessus d’un tombeau. Sur le socle de l’obélisque, le tombeau, représenté par une croix où est accroché un casque, émerge des barbelés des tranchées. Le rameau de chêne symbolise la force et la résistance.

Le 29 octobre 1922, trois ans après le lancement du projet, le monument aux morts est très solennellement inauguré en présence de personnalités, des familles des victimes et de la population.

En août 1923, le Conseil municipal décide d’utiliser le solde des crédits affectés à l’érection du monument aux morts pour faire installer à l’école des garçons (actuelle école Ferdinand Buisson), une plaque commémorative portant la liste des mobilisés de la commune "morts au champs d’honneur", surmontée d’un buste de poilu.

La plupart des 36 000 monuments aux morts ont été inaugurés avant 1922. Simple plaque, stèle ou monument sculpté, ce monument, présent dans toutes les communes de France, est le symbole par excellence de l’hommage de la nation reconnaissante. Par leurs noms gravés dans la pierre, les victimes échappent pour l’éternité à l’oubli et au néant.